Réduire l’utilisation des pesticides et en limiter les impacts environnementaux

Les pesticides sont des substances chimiques utilisées pour lutter contre les parasites animaux ou végétaux nuisibles aux cultures et accroître les rendements. Faciles d’accès et d’emploi, relativement peu chers, les produits phytosanitaires de synthèse se sont révélés très efficaces et fiables dans un nombre important de cas. Le jardinage dans la commune de Timia, notamment les cultures des oignons a, plus que d'autres, développé des systèmes de production fondés sur l'utilisation de ces produits ;  il apparaît actuellement très dépendant des pesticides.

Mais aujourd’hui l'utilisation systématique de ces produits doit être remise en question, avec la prise de conscience croissante des risques qu'ils peuvent générer pour l'environnement, voire pour la santé de l'homme. Dans son article 55, le code de l’environnement du Niger stipule que «  le ministère en charge de l’agriculture détermine les quantités des pesticides autorisées et les modalités d'utilisation compatibles avec le maintien de la qualité du sol ou des autres milieux récepteurs et avec la préservation de l'équilibre écologique et de la santé de l'homme ». 

En fonction de leurs cibles, les pesticides sont classés en trois grandes: 

  • Les fongicides : destinés à éliminer les moisissures et parasites fongiques des plantes ; 
  • Les insecticides : destinés à la lutte contre les insectes. Ils interviennent en les tuant ou en empêchant leur reproduction. Ce sont souvent les pesticides les plus toxiques et c’est dans cette famille que l’on trouve la plupart des polluants organiques persistants, dont le DDT; 
  • Les herbicides : destinés à lutter contre certains végétaux entrant en concurrence avec les plantes cultivées. Leur mode d’épandage est différent puisqu’ils sont déposés directement sur le sol, tandis que les autres produits sont plutôt pulvérisés sur la plante en croissance. 

Les pesticides sont donc utilisés pour lutter contre les insectes, les herbes ou encore les champignons. Mais leur toxicité ne se limite pas aux seules espèces que l’on souhaite éliminer. Ils sont également néfastes pour l’homme et l’environnement. L'existence de ces risques pour l'environnement est consubstantielle à la nature des pesticides, qui sont par définition toxiques pour certains êtres vivants, même à très faibles doses.  Les usages agricoles, domestiques ou collectifs conduisent à une contamination de tous les milieux environnementaux. L’agriculture contribue majoritairement à cette exposition notamment lors de l’épandage des produits phytosanitaires. Ces derniers se dispersent ensuite dans l’ensemble des compartiments environnementaux (l’air, les eaux de surface, les eaux souterraines, le sol…)

Les pesticides ont mauvaise réputation parce qu'on en fait une utilisation inappropriée qui nuit à l'environnement (impact négatif sur la biodiversité, pollution des sols,...). 

Les principaux facteurs influant sur la toxicité des pesticides pour l’homme sont :

  • La dose,
  • Les modalités d’exposition,
  • Le degré d’absorption,
  • L’accumulation et la persistance du produit dans l’organisme.

Ces effets toxiques sont eux-mêmes liés à l’état de santé de l’individu exposé.

Les effets retardés des pesticides sur la santé humaine peuvent être  la conséquence d’une exposition passée, généralement intense (exposition aigüe), ou bien d’expositions de plus faible intensité mais répétées dans le temps (expositions chroniques). Ces dernières concernent potentiellement l’ensemble de la population, qu’elle soit exposée professionnellement ou par l’environnement (air, eau, alimentation). Les effets observés peuvent résulter de l’accumulation de molécules qui s’éliminent lentement jusqu’a un seuil critique de concentration, ou, dans le cas des molécules rapidement éliminées, découler de l’addition d’effets biologiques et irréversibles.

 Si les mécanismes d’actions des pesticides sur notre organisme sont complexes et encore mal connus, leurs effets eux, ont été mis en évidence. Nous pouvons citer entre autres :

-  Les cancers : Le cancer constitue le risque sanitaire en lien avec les expositions aux pesticides le plus étudié. Plusieurs études montrent que l’exposition aux pesticides augmenterait le risque de développer certains cancers, dont le lymphome non-Hodgkinien (NHL), le sarcome, la leucémie, le cancer de la prostate et le cancer du cerveau. S’ajoutent à ces informations les résultats de recherches émergeantes, qui indiquent également que l’exposition aux pesticides jouerait un rôle dans des cancers hormono-dépendants, dont celui de la prostate, du sein… 

-  Les troubles de la reproduction : Les pesticides sont des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils interfèrent avec le fonctionnement du système hormonal et engendrent ainsi des dommages sur la personne exposée ou sur ses descendants. Les pesticides entrainent alors des troubles de la reproduction, et notamment des problèmes de stérilité. Si les études sur la population générale restent rares, nombreuses sont celles qui ont mis en évidence un lien entre l’exposition des agriculteurs et les troubles de la reproduction. 

-  Troubles du système nerveux : Cet impact sur la structure du cerveau entraine des altérations des fonctions et du développement du système nerveux, du fœtus, de l’enfant et de l’adulte.

Les actions techniques à mettre en œuvre visent une limitation de la dispersion des pesticides dans l'environnement et une réduction de l'utilisation des pesticides. On considère classiquement que ce second objectif peut être poursuivi : en "raisonnant" l'application de ces produits, ou en appliquant une combinaison de méthodes de lutte à effets partiels, qualifiées d'"alternatives", en complément ou en remplacement des méthodes chimiques habituelles.

Les actions peuvent être organisées autours des axes suivant :

  • Renforcer la formation des professionnels, la protection des utilisateurs de pesticides et leur information afin de réduire la dispersion des pesticides dans l'environnement.
  • Agir sur les pratiques et minimiser le recours aux pesticides.

Cette limitation du recours aux pesticides passe par une diversification des méthodes de lutte contre les bios agresseurs et la conception de systèmes de culture qui réduisent les risques phytosanitaires.

  • Renforcer la connaissance et la transparence en matière d’impact sanitaire et environnemental des pesticides.
  • Evaluer les progrès accomplis

Enfin, les connaissances actuelles sur les effets chroniques des pesticides sur la sante demeurent largement incomplètes. Outre l’étude des effets cancérigènes des pesticides, pour la plupart des effets suspectés, les travaux sont encore en nombre limité.

Par Hamid AGALHER, Ingénieur Mines-Environnement.

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